Vernon-Défis existe depuis plus de 15 ans et s’efforce de promouvoir à Vernon les valeurs d’écologie de démocratie et de solidarité. L’association qui était en veille depuis plusieurs mois a
besoin de retrouver une nouvelle vigueur si elle veut toujours servir ces valeurs. Nous sommes actuellement cinq élus au conseil municipal de notre ville pour y contribuer mais cela ne suffit
pas.
En ces temps de crise, le risque est grand de sacrifier les impératifs écologiques au nom de la « rationalisation » économique, de sacrifier le long terme au court terme.
Or, depuis la Conférence de Rio en 1992 nous savons bien que, oublier le respect de l’environnement , c’est bientôt mettre à mal la démocratie et la solidarité. Les trois vivent ou meurent
ensemble.
De plus , les économies gagnées sur le court terme préparent des dépenses beaucoup plus considérables sur le long terme. Entretenir la nature coûte beaucoup moins cher que de la réparer quand
elle a été dégradée. C’est pourquoi nous avons besoin de la vigilance et de l’inventivité de tous pour que Vernon-Défis vive d’une nouvelle jeunesse et se développe.
Ce blog est aussi le vôtre, réagissez à nos articles, faites des propositions, soutenez notre action municipale.
Jeudi soir, Jérôme Bultel maire-adjoint au développement durable, avait organisé en la mairie de Vernon une
conférence sur la biodiversité. L’orateur était J.P Thorez , directeur adjoint de l’AREHN (agence nationale de l’environnement de haute-normandie www.arehn.asso.fr) . Le problème est loin d’être
marginal ou mineur . Il était l’objet d’une des grandes conventions de la Conférence de Rio de 1992 dont l’objectif fût de promouvoir le développement durable, nécessité reconnue aujourd’hui par
tous malgré des divergences sur son contenu. Ce sont des botanistes et des naturalistes qui ont les premiers tiré au cours des années 50 la sonnette d’alarme des dégâts causés à la nature et donc
sont à l’origine de la prise de conscience environnementaliste comme Rachel Carson en 1962 avec son fameux livre « Le printemps silencieux ».
Pourtant, même si les
menaces qui pèsent sur la biodiversité constituent bien un enjeu majeur, leur prise de conscience est encore trop faible bien qu’elle progresse . Si elles ne se manifestent pas chez nous avec la
même acuité que dans les forêts tropicales, il ne faut pas toutefois sous estimer la sensibilité de la population à ce sujet et son importance. Preuve en est, la presse généraliste non
spécialisée l’aborde fréquemment (voir le Monde du 22 juin 2009, qui finit son entretien avec un maître de conférences du Muséum d’histoire naturelle avec la question suivante : « La
sensibilité du grand public à la biodiversité a-t-elle changé ? » La réponse est oui.) . Au surplus la première partie déjà votée par le Parlement du Grenelle de l’environnement prévoit que
les zones qui ont été déjà définies pour protéger une biodiversité particulièrement riche ou menacée ( comme les ZNIEFF , les zones Natura 2000 , les réserves naturelles, les parcs naturels
nationaux ou régionaux) seront reliées entre elles par des corridors écologiques, ce qui constituera la trame verte et bleue qui devra être intégrée dans les documents
d‘urbanisme.
Mais qu’est-ce qui fait
l’ importance de la biodiversité ? Il y a au moins trois raisons fondamentales de la défendre.
1) une raison patrimoniale
et esthétique . Comme pour la défense d’un paysage ou d’une œuvre d’art. La destruction des paysages et des œuvres d’art ne nous empêchent certes pas de vivre, mais on ne vit certainement pas
mieux sans qu‘avec.
2) une raison d’équilibre
des écosystèmes dont nous sommes tout à fait dépendants . Les insectes pollinisateurs, dont les abeilles, résistent mieux en situation de biodiversité aux diverses agressions qu’ils subissent .
Rappellons que 80% des fruits et légumes sont fonction de la pollinisation par les insectes. Aux Etats-Unis, la pollinisation artificielle de zones de production intensive a déjà commencé en
raison de la disparition des pollinisateurs naturels. La politique de protection des espèces a débuté avec un objectif simple au profit des hommes eux-mêmes : ainsi la protection des oiseaux en
Europe et en France a été guidée par le rôle protecteur des cultures des espèces insectivores (hirondelles) , ou prédateurs des rongeurs (rapaces). Il en est de même pour les amphibiens qui
modèrent les populations de moustiques dans les zones humides.
La biodiversité favorise la
fertilité des sols par la matière organique et les micro-organismes décomposeurs ; elle a un rôle épurateur de l’eau , de l‘air et un rôle stabilisateur en limitant l‘érosion, les chocs provoqués
par les inondations et les fluctuations climatiques. Chaque espèce de plante possède un potentiel de développement adapté à des situations climatiques et hydriques variées et ce faisant une
prairie pacagée à végétation diversifiée aura plus de chance de pouvoir s’adapter à un changement climatique mais aussi à résister à l’attaque de plantes invasives
Dans chaque milieu, les
êtres vivants, y compris, les êtres humains, forment un tout et interagissent , les uns avec les autres, mais aussi avec l’air, l’eau et le sol, formant un écosystème. Ainsi Madame Giboudeaux,
adjointe au maire de Paris chargée des espaces vert souhaite mettre en place un plan biodiversité dans la capitale : « le vivant nous entoure et conditionne aussi notre survie, mais ça n’est
pas un vrai sujet politique pour les élus » . Elle a pourtant réussi à réintroduire des espèces qui avaient disparu dans les années 60 . Paris abrite aujourd’hui 2000 espèces animales et
autant d’espèces végétales, n’utilise plus de produits chimiques et une soixantaine d’espaces verts ont été labellisés « espaces verts écologiques » . (Autre article du Monde du mai
2009)
3) une raison économique .Un
article paru dans « Nature » en 1997 en collaboration avec des économistes a évalué que les services rendus par la nature étaient égaux à 2 fois le PNB mondial alors qu’aujourd’hui les
effets externes de l’activité économique sur la nature ne sont pas pris en compte. Bernard Chevassus-au-Louis, ancien président du Muséum d’histoire Naturelle, aujourd’hui président l’AFSSA, dans
son rapport qu’il a remis en mai au gouvernement ,« L’approche économique de la biodiversité et des services liés aux écosystèmes », estime qu’un hectare de nature ordinaire en France (
en laissant de côté les milieux remarquables ou les espèces rares) fournit , par an une valeur moyenne de services 600 euros pour les prairies et 960 euros pour les forêts (dont 100 pour la
production de bois et le reste pour la cueillette, la chasse, la valeur récréative, la contribution à la qualité de l’eau , la captation et le stockage du carbone). N’oublions pas qu’en économie
il faut un jour ou l’autre payer les coûts externes, c’est-à-dire les coûts que l’on a négligés. Exemple récent : le rapport de l’ économiste britannique Nicolas Stern, qui est loin d’être un
écolo radical , évalue à 3 fois le PIB mondial le coût du réchauffement climatique. Ces éléments devraient maintenant être très clairement intégrés à nos pratiques.
Animer et organiser un
travail de biodiversité permet de donner aux enfants ( où à des adultes ) le goût de la nature . Ce n’est pas là un aspect secondaire du développement durable mais un aspect nécessaire . Leur
apprendre à admirer un coin de nature, à respirer une fleur ou découvrir un animal, c’est leur fournir une ressource pour mieux vivre et que beaucoup aujourd’hui ont perdu en vivant dans des
univers entièrement artificialisés. Contrairement à certaines idées reçues, de nombreuses expériences montrent l’intérêt que cette approche peut susciter même là où justement on ne s’y attendait
pas parce que l’on pensait que les problèmes sociaux avaient éteint toute autre aspiration , toute capacité à apprécier la richesse de la nature.
L’idée qui prévaut au
développement durable est d’utiliser les ressources de la planète, non pas de façon minière comme pour les énergies fossiles mais de privilégier et protéger les sources qui se renouvellent de
façon à permette aux générations futures de trouver une planète viable et à tous d’en bénéficier. La question écologique est donc bien d’abord une question de partage
.
Nous verrons dans un
prochain article comment une collectivité locale mais aussi des particuliers peuvent très concrètement travailler à la défense de la biodiversité.
Samedi en fin d’après-midi, l’association " Vernon Train de vie ", association des usagers vernonnais du train tenait son assemblée générale à la
mairie de Vernon. Les représentants de toutes les sensibilités politiques avaient fait le déplacement. C’est que la question risque de peser lourd à Vernon et autour lors des prochaines élections
régionales au printemps. Les membres de l’association n’ont pas manqué de le rappeler et ils comptent bien utiliser cette occasion pour obtenir des engagements fermes des candidats. Et c’est de
bonne guerre, d’autant plus que leurs revendications sont bien légitimes, ce sont celles de personnes qui font de longues journées de travail et ne demandent qu’à être transportées dans des
conditions décentes. Ils disent se heurter à l’inflexibilité de la SNCF et du Conseil Régional qui, au travers du fameux cadencement, semblent surtout favoriser les rouennais.
Dans ces conditions, ils s’interrogent sur l’avenir ; comment mobiliser et quelles actions mener pour infléchir le rapport de forces en leur faveur ? quelle est la signification d’un déplacement
éventuel de la gare de Vernon ? Qu’elle devienne un terminus, reliée à Paris que par des omnibus qui mettront 1h30 pour de Saint-Lazare ou que plus de trains puissent circuler sur la voie ?
Plus de trains certes, mais des directs Le Havre-Rouen-Paris que les vernonnais auraient tout loisir de regarder passer. Comment interpréter ce déplacement dans le contexte d’un Grand Paris
jusqu’au Havre qu’un TGV traverserait ? Des milliards investis pour des objectifs démesurés et destructeurs de l’environnement au détriment des besoins quotidiens des gens.
:
Vernon-Défis est une association crée en 1994 dont l'objet est l'action politique locale ;
son état d'esprit est contenu dans la formule célèbre " agir localement , penser globalement".
Elle veut mettre en œuvre un véritable développement durable pour Vernon , dans ses trois dimensions , démocratique , environnementale et économique .
Elle s'appuie donc sur trois valeurs affirmées dès l'origine: écologie , solidarité et démocratie
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